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Méthodologie
Présentation et méthodologie de la Joliette
secteur insertion du CSP-NE
A. Un peu d’histoire
La Joliette est le nom d’une belle maison du XVIIe siècle, entièrement rénovée durant la première phase de création du secteur insertion et située dans le hameau de La Jonchère, sur la commune de Boudevilliers, dans le Val-de-Ruz (NE).
C’est en 1996 que le projet a démarré. La maison, gérée par une Fondation ecclésiastique qui désire en faire une maison à but social, est disponible. Une réflexion autour des besoins du moment s’élabore dans le cadre du travail de mémoire de l’initiateur du projet. La nouvelle loi sur l’Action sociale neuchâteloise est acceptée en décembre, ouvrant des perspectives d’insertion active à ses bénéficiaires. D’autre part, le taux de chômage est élevé et nécessite de nouvelles structures occupationnelles. Le Centre social protestant du canton de Neuchâtel (CSP) décide de se doter d’un nouveau secteur d’activité. Dans la terminologie d’origine, La Joliette, relais social régional + jardin, un projet du CSP, secteur occupation et emploi, débute dans la poussière d’une rénovation globale, le 1 septembre 1997. Ce secteur changera de dénomination en 2002 pour devenir le secteur insertion.
B. Aujourd’hui
Huit ans plus tard, la maison accueille environ quarante personnes (les usagers) sous contrat (temps partiel et plein temps), dépendant majoritairement des Services sociaux du canton (contrats ISP), mais aussi au bénéfice d’une mesure active du chômage ou d’une mesure d’intégration professionnelle cantonale (Service de l’emploi), ou encore d’un placement dans le cadre du Service de l’asile et des réfugiés. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges (18 à 65 ans) et de toutes nationalités. Personne n’est hébergé. Ils habitent dans tout le canton, se déplacent chaque matin soit en transports publics jusqu’à Boudevilliers ou les Hauts-Geneveys (où nous allons les chercher), soit en véhicule privé ; ils se répartissent alors dans l’un des huit ateliers existants : artisanat, maintenance, menuiserie, jardin-bois, transports, communication, boulangerie, cuisine-cafétéria. Ils se caractérisent par de plus ou moins grandes difficultés sociales (santé, âge, solitude) ou psychologique (marginalisation, mésestime de soi, dépendances, pathologies). Ils sont accompagnés par une petite équipe d’encadrement aux compétences sociales et professionnelles adaptées.
C. Mandats et cadre contractuel
Par un mandat de prestation, les Services de l’Action sociale (SAS), de l’Emploi (SE) et de l’Asile et des réfugiés (SAR), se coordonnent pour mandater le CSP, par son secteur insertion, pour fournir des prestations adéquates aptes à favoriser l’insertion sociale et l’insertion socioprofessionnelle de leurs bénéficaires.
Des contrats tripartites de 3 mois renouvelables (SAS et SAR)) ou de 6 mois (SE) sont signés avec les usagers, la durée moyenne de contrat variant de 6 mois à une année.
Les stagiaires, en plus des contrats officiels, s’engagent par un « avenant au contrat » à respecter certaines règles fondamentales et à poursuivre un objectif atteignable (Cf annexe). Ils s’engagent également à respecter un Règlement interne de la Joliette formalisé au printemps 2005 (Cf. annexe)
Le secteur insertion est l’un des 17 programmes qu’offre le Canton de Neuchâtel. Les programmes sont catégorisés selon les prestations et le cadre offert. Il est clairement positionné pour répondre à une insertion de type social, au sens large du terme.
Le site www.insersop.ch, conçu sur place, présente les caractéristiques de l’ensemble des programmes du canton de Neuchâtel ainsi que leur catégorisation (Cf. annexe).
D. Cadre institutionnel
Le secteur insertion la Joliette est l’un des sept secteurs du Centre social protestant du canton de Neuchâtel. Celui-ci est dirigé par une direction générale et un Comité dont les membres sont nommés par le Conseil synodal de l’Eglise réformée du canton (EREN).
Un groupe de pilotage du secteur insertion se réunit régulièrement pour assurer un suivi du programme en lien avec le Comité, la direction et l’équipe d’encadrement. Par ailleurs, le responsable du secteur fait partie du colloque de direction rassemblant l’ensemble des responsables des secteurs (Cf. annexe).
E. Objectifs :
S’appuyant sur des valeurs humanistes et sur une pédagogie du projet, l’essentiel du programme vise à :
- offrir aux usagers une alternative au monde du travail dont ils sont exclus
- renouer avec une vie sociale
- se réapproprier un cadre structurant
- se responsabiliser autour de travaux et de mandats valorisants
- entrer dans un processus d’amélioration de leur situation par formulation et réalisation d’objectifs personnel ou professionnel
- se respecter, respecter les autres et de les engagements pris
- reconnaître ses compétences
- prendre en compte sa.réalité physique, psychologique et sociale.
F. Pédagogie:
La Joliette propose à ses usagers une démarche active, progressive et participative permettant, au travers d’activités variées et de projets collectifs :
- d’impliquer, de responsabiliser et de valoriser les participants
- de susciter la créativité pour (re)trouver, mettre en œvre et développer des compétences
- d’imaginer, d'élaborer et de concrétiser un projet personnel et professionnel
- de favoriser, le cas échéant, une resocialisation
- d’accompagner une démarche vers une autonomie économique et sociale.
Nous sommes sans conteste confrontés à une population qui se trouve en grande majorité en profonde rupture relationnelle, d’où la nécessité d’un travail pédagogique axé sur la reconstruction d’un réseau relationnel à travers la transmission d’un savoir-faire, la réalisation de mandats collectifs et de projets internes ou externes, le travail devenant outil de la relation.
Cette pédagogie intégrative et participative s’appuie sur :
- le respect indéfectible de la personne
- la confiance en un potentiel de développement personnel souvent réduit par la dévalorisation et la mésestime de soi-même
- la patience dans le travail du temps
- la persévérance devant les échecs.
Cette approche cherche à motiver, à faire émerger des compétences enfouies et oubliées, à stimuler l’autonomie, à placer la personne devant ses choix pour devenir responsable de sa vie, créateur de sa vie.
Pédagogie de l’engagement donc, cherchant par une méthodologie découlant de l’expérience, à transformer le sentiment de victimisation (de la société, de son histoire de vie, des autres, du destin), en un sentiment d’être créateur de sa vie ou tout au moins responsable de ses actes et de leurs conséquences.
Ce processus d’engagement pour mieux responsabiliser les participants en vue de leur insertion, c’est à dire de leur accès ou de leur retour à l’autonomie économique et sociale (ou à un certain degré d’autonomie possible), nécessite un contexte, une démarche, des méthodes conduisant les personnes à piloter, à auto-contrôler leur parcours.
Du contrat initial avec le secteur insertion à l’engagement renouvelé dans différents travaux et activités, le participant entre dans une dynamique qui le conduit à mettre à l’épreuve ses projets et ses ambitions, à les confronter et à les réajuster aux réalités pour, par étapes, s’engager dans des projets de mieux en mieux adaptés et réalisables.
G. Sociabilisation.
Avec l’engagement personnel et la prise en main de son parcours, le troisième objectif de la Joliette est de développer l’aptitude à une vie sociale.
La participation à une vie collective s’exerce déjà, tout naturellement dans les activités à l’intérieur des ateliers (relation aux autres, relation à l’encadrement) et dans la cohabitation obligée à l’intérieur d’un cadre donné. Mais des démarches et des activités plus spécifiques sont particulièrement orientées vers cet objectif :
- La participation aux tâches collectives (l’entretien de la maison, la vaisselle, le service de la cafétéria), le respect des autres et des lieux sont les premières bases de cette vie sociale.
- Les colloques hebdomadaires, obligatoires, permettent aussi de se situer par rapport et devant les autres, de verbaliser les problèmes de la vie sociale.
- La responsabilisation et l’autonomisation de chacun dans son secteur de compétence et dans certains domaines de décision déclanche nécessairement un fort sentiment d’appartenance et d’implication à l’intérieur de l’institution, source de motivation et d’engagement solidaire mais aussi, parfois, cause de dépendance et de conflit (« ma maison n’est pas la tienne… »).
- Les collaborations associatives, les chantiers extérieurs ainsi que les projets collectifs, restent des lieux privilégiés où se vit l’interdépendance des activités et des participants. Ils permettent d’expérimenter dans la réalité l’efficacité et l’utilité du travail accompli par soi-même dans une œuvre commune et de rencontrer, dans un contexte où leur rôle peut être reconnu, dans une situation valorisante, des personnes extérieures, parfois engagées et passionnées par leur travail.
Ces projets collectifs jouent un rôle essentiel tant dans la motivation que dans l’implication, la resocialisation et la valorisation des personnes. Ils sont donc de remarquables outils de développement et d’insertion de la personne.
- Les projets d’entraide auprès et au loin apportent, par leur dimension de solidarité active, une valeur supplémentaire au travail accompli : la possibilité de partager, d’être un maillon nécessaire d’une chaîne de solidarité ; la découverte à la fois de situations encore plus précaires que la sienne, mais aussi la rencontre de personnes stimulantes.
H. Domaines d’activités:
Un lieu de liberté et de responsabilité où chacun, à son propre rythme, peut :
- expérimenter ses acquis
- en développer de nouveaux
- se donner de nouvelles perspectives dans un contexte de non jugement
- vivre le respect mutuel.
a. Des activités variées internes et externes :
- artisanat (création et rénovation d’objets, couture, meubles en carton, tournage sur bois, techniques et matières diverses, expos, …)
- maintenance (nettoyages, mise sous pli, entretien général)
- menuiserie (travaux sur mandat, chantiers, rénovation de meuble, …)
- jardin, bois de chauffage
- transports (livraison, déménagement, petit transport, …)
- UBAC 832 (élaboration et diffusion du Journal de la Joliette, photo, …)
- communication (informatique, internet, bureautique, …)
- boulangerie au feu de bois
- cuisine, cafétéria
b. Des projets collectifs extérieurs, initiés par la Joliette ou en collaboration avec des associations et des projets régionaux.
c. De l’accompagnement
- entretiens et suivis dans les objectifs posés et l'orientation sociale et/ou professionnelle
- bilan périodique (réunion de réseau) avec le bénéficiaire et son/ses référent/s pour évaluer, préciser, réajuster et/ou développer des objectifs, ainsi que les étapes et les moyens pour les atteindre
- rechercher des pistes vers une insertion en partenariat (OROSP, stages, formation, bénévolat, …)
- entretiens individuels avec un psychologue Gestalt-thérapeute
d. Des formations
- celles découlant de la pratique des différents secteurs
- cours d’informatique et Internet
- cours ponctuels pour l’acquisition d’une technique artisanale (par exemple : tournage sur bois, fabrication de meubles en cartons, développement photo, etc.)
- cours de langue individualisé.
I. Outils pour l’équipe d’encadrement :
Pour accompagner ces processus, l’équipe d’encadrement dispose de ses propres outils :
- Une formation de base informelle, par l’expérience partagée au quotidien
- Des échanges spécifiques ou en colloque interne
- Les colloques généraux hebdomadaires (avec les usagers) : point sur la semaine, nouvelles des ateliers, climat général et problèmes particuliers, organisation, planification.
- Des supervisions individuelles, à deux ou collectives selon besoin
- Des journées de rencontre et de formation organisées dans le cadre du CSP ou autre
- Les journées régulières de réflexion et d’échange avec d’autres programmes.
- Des crédits annuels pour la formation permanente
- Des temps programmés d’échange (matinées thématiques, sortie annuelle, repas, fêtes), avec les participants.
Groupe de pilotage, La Jonchère, 6 février 2006
| Annexes : |
Prospectus
Avenant au contrat
Règlement de la Joliette
Organigramme du CSP
Catégorisation des programmes du canton |
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